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Détails sur le produit
- Rang parmi les ventes : #150763 dans eBooks
- Publié le: 2013-03-19
- Sorti le: 2013-03-19
- Format: Ebook Kindle
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile.Appel à l'insurrection poétique
Par Yves Léonard
En d'autres temps, en d'autres lieux ce livre aurait mis le feu. Pensez donc, deux des meilleurs poètes de leur génération s'unissent pour produire un manifeste insurrectionnel! O certes, il ne s'agit pas d'une incitation à l'insurrection sociale, ni d'un remake du célèbre "Indignez-vous" qui, lui, mit effectivement le feu, paix aux cendres de son auteur. Non, ce que proposent André Velter et Zéno Bianu dans cette longue diatribe inspirée c'est une révolution intérieure et une révolution simultanée des attitudes, lesquelles ne sauraient rester sans conséquences sociales mais ceci est une autre affaire.Ce texte est placé sous l'égide de Federico Garcia Lorca et du "Duende", ce moment de pleine intensité de vie et de son risque vécu, recherché même. "Ce qui compte à nos âmes, plus qu'à nos yeux, c'est le décompte à vivre, la chorégraphie vacillante et cambrée où chaque seconde frémit de la nuque au talon". Mais il n'est pas ici question de tauromachie, même s'il est évident que nos auteurs comprennent celle-ci en profondeur, c'est son esprit qui est convoqué. Si le texte débute par "Il est cinq heures du soir" c'est en référence au premier vers de "La blessure et la mort" de Lorca mais c'est surtout qu'il est cinq heures du soir pour notre civilisation. Les teintes de l'apocalypse n'ont pas encore envahit le ciel mais elles s'approchent, c'est l'heure des choix décisifs, des grands retournements, ceux auxquels nous appellent Bianu et Velter. "L'extrême lointain n'est plus seulement géographique. C'est un embarquement cyclique vers nos profondeurs, vers d'infinis commencements, à l'image d'une vie qui ne s'établirait jamais, d'une vie tourbillonnante, au dévers des échéances, en embuscade de tous les possibles. Et ce pilotage interne exige de se dépouiller des accumulations du passé, de se vivre et revivre comme un être neuf dans un instant d'ébouriffante et joyeuse captation, où la conscience de la réalité vivante se fait toujours plus aigue".Lorca n'est pas isolé dans le jardin de nos poètes. On y retrouve pêle-mêle Rimbaud, Artaud, Nerval, Van Gogh, Chet Baker, Pasolini, Paul Celan, les surréalistes, bien d'autres...Il y a aussi des lieux privilégiés, de Bénarès à Fontaine de Vaucluse en passant par Luang-Prabang, Kyôto, Venise et bien sûr...Séville. Là aussi j'en oublie. En fait dans le passé comme dans le présent, ici comme là-bas, nos deux poètes cherchent l'envol, là où "dans ce très haut de l'espace du dedans rien n'apparaît sans issue"."La basse-cour planétaire regorge de petits coqs génétiquement modifiés, volatiles si bien conçus qu'ils n'auront pas une fois à se servir de leurs ailes". C'est cette basse-cour qu'ils nous incitent à quitter et pour cela ils nous suggèrent des pistes, nous proposent des attitudes. Ce sont des oies sauvages, ivres de liberté et de voyages, qui passent sur nos enclos et nous appellent. Ce sont des guides, des éclaireurs, des poètes quoi!Oui mais voilà, ils utilisent des mots. Encore et toujours des mots, soupire la vox-populi. Et celle-ci ne veut plus de mots, elle est gavée de mots, ils n'auraient plus de sens, trop employés pour ruser, séduire, mentir, et de ce fait complètement dévalorisés, surtout les grands, trop souvent ceux que les poètes emploient.D'où le discrédit de la poésie. Et là ou deux poètes majeurs unissent leurs talents pour un vibrant appel, le pavé dans la mare qui devrait en résulter n'obtient que l'effet d'un caillou dans une flaque...Cela est désolant, la poésie est certes une attitude existentielle mais elle est aussi faite de mots, la mise en mots permet d'extraire le sel de l'existence. N'importe quel éducateur vous dira que c'est avec des mots que l'on se construit. Les mots et leur agencement, les images qu'ils véhiculent et les musiques que leurs suites ordonnées créent, ouvrent l'horizon des hommes et les mettent en mouvement, les font rêver et les font danser. C'est tout cela qui disparaît avec l'occultation de la poésie que le prosaïque roman ne remplacera jamais (son rôle est autre et c'est la poésie qui accompagne les révolutions individuelles et collectives).Mais tout n'est pas fini, loin de là, tant que les oies domestiques, qu'hélas nous sommes trop souvent, sentiront leurs cœurs s'étreindre et leurs ailes pousser au passage de leurs sœurs célestes, tant qu'il restera dans l'âme des hommes de quoi "prendre feu", la poésie ne s'éteindra jamais tout à fait. Alors Zéno Bianu, André Velter et autres poètes, continuez de nous offrir de beaux textes comme celui-là, continuez de nous transmettre le feu. Un jour celui-ci reprendra.
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