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Détails sur le produit
- Rang parmi les ventes : #489100 dans Livres
- Publié le: 2012-11-21
- Sorti le: 2012-11-21
- Langue d'origine:
Français - Dimensions: 4.33" h x
.91" l x
7.09" L,
- Reliure: Poche
- 538 pages
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile.un jeune Auteur à l'aube de son génie
Par Gwen
"Aux âmes bien nées", disait Corneille, "la valeur n'attend point le nombre des années". Eh bien, voilà une maxime qu'illustrent assurément les oeuvres de jeunesse de notre cher Gustave Flaubert. Certes, le génie flaubertien, qui trouvera sa pleine maturité dans Madame Bovary ou Bouvard et Pécuchet, est encore ici en gestation, mais un génie en gestation, quoi de plus passionnant, précisément, à observer? En tout cas, ces "Mémoires d'un fou", écrites en 1838 par un jeune Flaubert de 17 ans, témoignent d'une précocité littéraire assez étourdissante. Lu pour lui-même, ce récit est déjà captivant. Lu à l'aune des chefs-d'oeuvre qui lui succéderont, il éclaire ceux-ci d'une lumière hautement instructive.Souvent qualifié de roman, ce texte est en fait plus proche de la longue nouvelle puisqu'il fait un peu moins de cent pages. Comme son titre l'indique, un narrateur y prend la plume pour coucher sur le papier ses mémoires. Est-ce Flaubert lui-même qui s'épanche? A l'évidence, oui, du moins en grande partie... même s'il évite soigneusement de se nommer... Toujours est-il que le susdit narrateur, d'une plume élégiaque et raffinée, nous raconte ici son enfance et comment très jeune lui vinrent le dégoût des autres, l'ennui du monde, la haine de la sottise... A peine confronté à la vie, le voilà qui aspire déjà au calme du néant, car trop pénétré de la futilité ultime de l'existence... Puis assez vite le récit s'articule autour de deux épisodes principaux...Le premier se déroule aux bains de mer, sur la côte picarde, où notre homme, encore adolescent, connaît son premier véritable émoi amoureux en succombant aux charmes d'une femme mariée qui lui entrouvre les horizons fabuleux de la Volupté. Et comment ne pas reconnaître dans cette femme, que Flaubert prénomme Maria, la fameuse Elisa Schlesinger, la Grande Passion de sa vie, qu'il connut à Trouville en 1836 et qu'on retrouvera ensuite sous les traits de Madame Arnoux dans L'Education sentimentale? Ah, de quelle merveilleuse plume notre cher Gustave nous décrit ici les premières palpitations d'un coeur enivré d'Amour... et torturé par la jalousie! Ce qui ne l'empêche pas, dans un effet d'ironie réjouissant, de mêler à ces souvenirs tendres des réflexions blasées sur les plaisirs de la chair et la bestialité de la copulation...Sur ce, remontant encore les années, et comme pour faire mieux ressortir la violence de sa passion pour Maria, notre homme nous raconte sa toute première amourette, lorsqu'à peine adolescent son coeur se mit à battre niaisement pour une jeune Anglaise amie de sa soeur... Petite bluette d'enfant qui ne sait pas encore ce qu'est l'Amour et s'en va, d'émotion, composer des vers dans les bois au premier baiser volé... Ce qui nous vaut quelques pages fort touchantes dans lesquelles Flaubert analyse sa propre candeur enfantine, s'en moquant gentiment, sur le ton de l'indulgence, comme on se moque d'une légitime faiblesse dont on s'est depuis longtemps guéri...Mais la partie la plus fascinante de ce texte est sans doute la dernière, le chapitre 20 pour être précise, impitoyable profession de foi existentielle qui dresse de la Condition Humaine un tableau d'une rare férocité! Est-ce du pessimisme? Du nihilisme? De la misanthropie? Ou de la lucidité, tout simplement? Je pencherais, personnellement, pour la lucidité. Une lucidité absolue, totale, sans concessions, trop consciente de la vanité universelle de toute chose pour attacher la moindre valeur aux passions terrestres, qu'elles s'appellent ambition, argent ou honneurs. Mais alors, me direz-vous, ce Flaubert ne croyait donc en rien? Eh bien, si, justement... Il croyait en l'Art, qu'il plaçait au-dessus de tout... Et c'est de cette foi salvatrice que naquit l'Oeuvre exceptionnelle que nous savons...Voilà donc un livre absolument capital pour qui veut comprendre l'un de nos plus grands Auteurs. Non seulement il nous renseigne généreusement sur l'éducation sentimentale du jeune Gustave, mais du même coup il éclaire la genèse de l'écrivain et nous aide à mieux l'appréhender. Il est même assez émouvant de trouver ici une prose flaubertienne déjà éblouissante mais encore embarrassée de quelques scories stylistiques et de quelques concessions au Romantisme, lesquelles disparaîtront totalement par la suite. Comme quoi le génie, fût-il un don, se travaille quand même. Et Dieu sait si Flaubert travailla le sien...
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